2. Les présocratiques : un monde sans dieux
FRAGMENTS DE PHILOSOPHES PRÉSOCRATIQUES
On appelle “Présocratiques” les penseurs grecs antérieurs à Socrate. Nous ne possédons aucun texte de ces philosophes mais nous les connaissons par des fragments cités par d’autres philosophes postérieurs.
QUESTIONS
- Pour chacun de ces trois penseurs présocratiques, expliquez sur quoi repose l’origine et le développement de l’univers.
- En quoi ces fragments diffèrent-ils radicalement du texte d’Hésiode ? En quoi cela marque-t-il une rupture dans la vision de l’univers des Grecs ?
| THALES DE MILET |
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| « Cependant, quand il s’agit de déterminer le nombre de ces principes ou la nature spéciale de ce principe unique, les opinions ne sont plus unanimes. Par exemple, Thalès, auteur et chef de ce système de philosophie, prétendit que l’eau est le principe de tout, et c’est là ce qui lui fit affirmer aussi que la terre repose et flotte sur l’eau. Probablement, il tira son hypothèse de ce fait d’observation que la nourriture de tous les êtres est toujours humide, que la chaleur même vient de l’humidité, et que c’est l’humidité qui fait vivre tout ce qui vit. À ce premier motif, qui déjà lui suffisait, il ajouta cette autre observation, que les germes de tous les êtres sont de nature humide, et que l’eau est le principe de tous les corps humides. » (Source : Aristote, Métaphysique, 4e s. avant J.-C.) |
| HÉRACLITE |
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| « Ce monde, le même pour tous, ni dieu ni homme ne l’a fait, mais il était toujours, il est et il sera, feu toujours vivant, s’allumant à mesure et s’éteignant à mesure. » « Les transformations du feu ont d’abord lieu en eau, de l’eau en terre. Car telles sont les transformations du feu : d’abord, du feu vient la mer ; puis la moitié se convertit en terre, et la moitié en vapeur. Et la mer se répand toujours de la même façon et au même rythme mesuré qu’autrefois, avant que la terre fût. » (Source : Fragments cités par Aristote et Clément d’Alexandrie) |
| DÉMOCRITE |
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| « À l’origine de toutes choses il y a les atomes et le vide (tout le reste n’est que supposition). Les mondes sont illimités, engendrés et périssables. Rien ne naît du néant, ni retourne au néant. Les atomes sont illimités en grandeur et en nombre et ils sont emportés dans le tout en un tourbillon. Ainsi naissent tous les composés : le feu, l’air, l’eau, la terre. Car ce sont des ensembles d’atomes incorruptibles et fixes en raison de leur fermeté. Le soleil et la lune sont composés de masses semblables, lisses et rondes, tout comme l’âme, qui ne se sépare pas de l’esprit. Nous voyons par des projections d’images, et tout se fait par nécessité, car le tourbillon est la cause universelle et c’est ce tourbillon qui est le destin. […] Le droit est une invention des hommes, tandis que les atomes et le vide existent selon la nature. » (Source : Diogène Laërce, Vie, doctrine et sentences des philosophes illustres, 3e s. après J.-C.) |